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Claude Monet capture les reflets de la mer et les falaises de Pourville lors de son séjour en 1882.

En février 1882, Claude Monet quitte Dieppe, déçu par ses hôtels trop chers et ses cafés bondés. Pour Monet, c’est à Pourville qu’il trouve ce qu’il cherchait : un village de pêcheurs sans prétention, une lumière changeante et des falaises de craie blanche plongeant dans la Manche. En effet, il y peindra près d’une centaine de toiles en quelques mois.

Aujourd’hui encore, ces paysages n’ont presque pas changé. D’ailleurs, on peut marcher exactement là où Monet posait son chevalet. Voici notre balade préférée à travers le village, sur les traces de l’impressionniste.

Pourquoi Monet a choisi Pourville plutôt que Dieppe

Monet traversait une période compliquée. Car il venait d’emménager à Poissy, où il ne se plaisait pas. En même temps, son marchand Durand-Ruel avait besoin de toiles après le krach de l’Union Générale. Autrement dit, Monet devait peindre vite et bien. La Normandie était la destination évidente.

Après une semaine à Dieppe, il comprend que la ville ne lui convient pas. C’est pourquoi il pousse jusqu’à Pourville, à quelques kilomètres à l’ouest. Ainsi, il découvre un hameau calme, avec une seule auberge tenue par un boulanger alsacien surnommé Père Paul.

Le décor l’émerveille immédiatement. En particulier, la lumière rasante du matin sur les falaises et les reflets de la mer à marée basse lui offrent des motifs inépuisés. Certains jours, écrit-il à Alice, il travaille sur huit toiles différentes, passant de l’une à l’autre au gré de la lumière.

D’ailleurs, cette méthode de travail est typique de Monet. Car il ne cherche pas à reproduire un paysage. En réalité, il cherche à capturer l’effet d’un instant précis : la brume du matin, le reflet du soleil couchant, la violence d’une averse soudaine. C’est pourquoi Pourville, avec son ciel changeant et ses falaises exposées au vent, lui offre un terrain de jeu idéal.

Deux séjours à Pourville, une centaine de toiles

Le premier séjour dure de février à avril 1882. Toutefois, Monet ne peint pas seul. En effet, un porteur local transporte ses toiles sur les falaises et les plages désertes. C’est un travail physique : la craie est glissante, le vent souffle fort et la pluie peut survenir à tout moment.

Devant le succès critique de ses marines, il décide de revenir. Par conséquent, de juin à octobre, il s’installe à la Villa Juliette avec Alice et leurs huit enfants. D’ailleurs, c’est lors de ce deuxième séjour que Blanche Hoschdé, la fille aînée d’Alice, devient son assistante et apprend la peinture en plein air à ses côtés.

L’été 1882 est capricieux. De même, le vent et la pluie ne cessent de contrarier ses plans. Il quitte Pourville début octobre, « extrêmement malheureux de cette saison perdue ». Pourtant, quelle saison ! Près de cent tableaux naissent de ces deux séjours. Notamment, Monet reviendra travailler à Pourville en 1896.

Les tableaux célèbres peints par Monet à Pourville

Coucher de soleil sur la mer et les falaises de Pourville peint par Claude Monet, lumière impressionniste
Un coucher de soleil flamboyant sur la plage de Pourville, capturé par Monet lors de ses séries impressionnistes.

Plusieurs toiles de cette période sont désormais exposées dans les plus grands musées du monde. En particulier, Promenade sur la falaise, Pourville (1882) se trouve à l’Art Institute de Chicago. On y voit deux femmes — probablement Marthe et Blanche Hoschdé — au sommet de la falaise, leurs robes fouettées par le vent. C’est sans doute la plus célèbre.

La Plage de Pourville, volée au musée de Poznań en 2000, possède une histoire rocambolesque. Car le voleur l’a découpée de son cadre en faisant semblant de dessiner devant elle. Cependant, la toile fut retrouvée derrière une armoire et restaurée. Ainsi, elle est de nouveau exposée depuis 2010.

Dans Chemin de plage entre les champs de blé à Pourville (Denver Art Museum), un sentier serpente à travers les cultures jusqu’à la mer. Aussi, les couchers de soleil sur les falaises inspirent plusieurs variations : Soleil couchant, temps brumeux et Plage et falaise de Pourville, effet du matin (Fuji Art Museum). Bon à savoir : le Musée Marmottan à Paris conserve également La Plage à Pourville, soleil couchant.

Plage de Pourville sur Mer au petit matin
Plage de Pourville-sur-Mer à marée basse au petit matin, falaises en arrière-plan

Notre balade sur les traces de Monet à Pourville

Voici l’itinéraire que nous suivons avec les enfants. Car c’est aussi une leçon d’histoire de l’art en plein air, sans musée ni file d’attente. En effet, des panneaux explicatifs jalonnent le village et indiquent les lieux où Monet posait son chevalet.

On commence par la plage. C’est là que Monet installait son matériel face aux falaises d’Aval, côté ouest. Ainsi, en se tenant sur les galets, on retrouve exactement le point de vue de plusieurs de ses marines. La lumière du matin y est particulièrement belle — comme dans ses toiles.

Ensuite, on grimpe sur le sentier du GR21 en direction de Varengeville. C’est pourquoi cette portion de falaise figure dans tant de tableaux. Par exemple, le point de vue depuis le haut offre un panorama identique à celui de la célèbre Promenade sur la falaise. Attention : le vent souffle fort là-haut, comme il soufflait déjà en 1882.

Le retour se fait par le chemin de plage entre les champs. Notamment, ce sentier qui descend vers la mer entre les cultures est celui-là même que Monet a immortalisé. En résumé, la boucle complète prend environ 1 h 30. C’est parfait en fin d’après-midi, quand la lumière rasante rappelle les toiles du maître.

Bon à savoir : emportez un pique-nique et installez-vous sur la falaise au retour. Car depuis ce point, la vue embrasse toute la baie de Pourville jusqu’aux falaises de Dieppe. Par ailleurs, les enfants adorent cette balade parce qu’elle raconte une histoire. Chaque panneau devient un arrêt, chaque vue devient un jeu : « trouvez le tableau ! »

Où voir ses œuvres peintes à Pourville

Si vous ne pouvez pas traverser l’Atlantique, le Musée Marmottan Monet à Paris reste la meilleure option. En effet, il possède la plus grande collection de Monet au monde. Aussi, plusieurs toiles de Pourville y sont exposées en permanence.

Le château-musée de Dieppe, tout proche, présente une collection de peintures impressionnistes liées à la région. C’est un bon complément à la balade. De plus, l’entrée est gratuite.

D’ailleurs, pour prolonger l’expérience, Varengeville-sur-Mer mérite un détour. Car Monet y a également peint lors de ses séjours sur la côte. En particulier, le cimetière marin et l’église Saint-Valéry surplombant la Manche offrent un décor quasi identique à celui de ses toiles.

Pour compléter votre séjour impressionniste, réservez quelques nuits depuis notre villa vue mer. Notamment, le lever du soleil depuis la terrasse rappelle les lumières que Monet cherchait désespérément à capturer. La différence, c’est que vous n’avez pas besoin de transporter de chevalet.

Pourville : le village que le peintre n’a jamais vraiment quitté

Monet a cherché toute sa vie des lieux où la lumière se comportait différemment. En résumé, Pourville était l’un de ceux-là. Les falaises changent de couleur dix fois par jour. La mer passe du gris au turquoise en une heure. C’est ce qui l’a fait revenir.

Aujourd’hui, cette lumière est toujours là. Ainsi, on comprend mieux ses toiles en marchant sur ces mêmes falaises. Finalement, il n’y a pas de meilleure galerie que le village lui-même.

Mélanie & Olivier

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